Une fois n’est pas coutume, ce blog va me servir de blog. On (Bénédicte) m’a proposé de participer à une chaîne de sujets sur les couvertures des livres, et le sujet réveille quelques souvenirs nostalgiques.
Les couvertures les plus belles que j’ai jamais vues, celles qui m’ont vraiment marqué, c’étaient les couvertures doubles, argentées, de Pocket Fantasy (et SF aussi, je crois). Leur particularité, c’est qu’elles présentaient un extrait de l’image et le début du texte en première couverture, puis une seconde couverture, également épaisse et glacée, donnait l’illustration entière. Des années après, je n’ai pas revu si élégante présentation, si accrocheuse non plus. Voilà à quoi ça pouvait ressembler (il y a aussi eu une version sans le texte, peut-être que la mise en page y gagne un peu, mais j’aimais bien cette invitation au premier regard…).

D’ailleurs, les livres entre ces couvertures m’ont tous sans exception laissé un bon souvenir à l’époque où je dévorais de la SFFF (ou alors, j’ai oublié l’éventuelle déception). J’ai choisi Moorcock mais je pourrais citer Jack Vance, Asimov, Poul Anderson… Il me semble que ces couvertures argentées doubles ne se font plus, et elles me manquent. Heureusement, j’en possède quelques-uns, ne serait-ce que pour montrer ce qui se faisait.
Dans un genre complètement différent, une autre série de livres m’a laissé un souvenir vivace : la collection Fleuve Noir Anticipation. Autant dire que c’est presque uniquement la Compagnie des Glaces, de G.-J. Arnaud, en fait ; mais cette saga représentait une soixantaine de tomes à elle toute seule. Grâce à la collection initiale de ma mère et à mes recherches dans les brocantes, il ne m’en manque plus beaucoup, mais avec la réédition en volumes quadruples, la quête de ces trésors au fond des cartons obscurs a perdu de son intérêt.

Ici, j’ai choisi « Les Fous du Soleil » parce qu’il est bien typique de la saga : un titre emphatique (et pourtant entièrement fidèle au contenu), un récit haletant, et cette humanité âpre, sans concession à la facilité, ces thèmes sombres à la fois futuristes et très réalistes.
Les Fleuve Noir Anticipation se présentaient comme des bouquins relativement bon marché, aux couvertures et aux titres assez racoleurs, de la littérature de gare (c’est le cas de le dire pour la Compagnie des Glaces). Dans certaines éditions je me souviens même de publicités pour les Gitanes ; même les comics à l’époque ne contenaient pas de pub (c’était avant la loi Evin). Mais le contenu éclatait de qualité, et au long des soixante et quelques livres de la saga, jamais je n’ai été déçu. Finalement, ces petits bouquins sans prétention restent parmi mes meilleurs souvenirs de dépendance à la lecture.
Sur ces douces réminiscences, je laisse le stylo à Mag et Sejal.